Article proposé par Roland GERARD
Dix plaies d’Egypte et passage de la mer des joncs,
sous la conduite de Moïse
AVANT PROPOS
Dans l’Ancien Testament, le récit de l’Exode rapporte un fait majeur : Alors que le peuple hébreux établi en Egypte est réduit en esclavage par le roi du pays, Moïse demande à celui-ci sa libération. Dans un premier temps, le Pharaon refuse de se séparer d’une population asservie, et combien nombreuse et efficace, mais il finit par céder à la requête au terme des « dix plaies d'Egypte", c'est-à-dire une succession de malheurs qui frappent son pays, et dont, à terme, il attribue la cause à la présence des Hébreux sur son sol.
La sortie d’Egypte tant attendue se réalise enfin et en grand nombre des hommes, femmes et enfants quittent le pays où ils sont nés. Mais de grandes épreuves les attendent, en particulier lors du "passage de la mer des joncs ", où ils auront à affronter l'armée du Pharaon.
Ces épisodes peuvent être considérés historiques à condition que les calamités qui à l'époque se sont abattues sur l'Egypte soient des conséquences de phénomènes naturels et que, les moyens utilisés par Moïse pour obtenir la libération de son peuple s'inscrivent dans une démarche complétement humaine.
Le présent développement propose donc une narration de la sortie d'Egypte qui reste, autant que possible, proche du récit biblique, tout en ajoutant aux événements qui y sont décrits des circonstances qui rendent leur déroulement plausible pour un historien...
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Pour faciliter la lecture seront proposés alternativement des présentations selon trois polices :
Que ce soit pour manifester une approbation ou une contestation sur la présentation du sujet traité, le lecteur peut envoyer un commentaire à l'adresse passage.mer@orange.fr
Structure du texte
PREMIÈRE PARTIE
LES DIX PLAIES D’ÉGYPTE
A ) Quand les Hébreux séjournent en Égypte.
A1 ) Première période : Changement de régime en Basse Égypte, et accueil de Joseph, promu conseiller du Pharaon.
A2 ) Deuxième période : Les Hébreux s’établissent dans le delta du Nil.
A3 )Troisième période : Les Hébreux sont soumis à une nouvelle autorité.
A4 ) Quatrième période : Les Hébreux sont mis de force à contribution pour des grands travaux, Moïse intervient..
B ) Les dix plaies déclenchées par un cataclysme relativement ordinaire.
B1 ) Le delta du Nil pollué par des cendres volcaniques.
B2 ) Un volcan sous-marin.
B3 ) Un phénomène qui jette le trouble tout en étant imperceptible.
B3.1) S’agissant de la 1ère plaie, les eaux du delta du Nil sont brusquement polluées.
B3.2) La 9ème plaie plonge les Egyptiens dans les ténèbres pendant trois jours.
B4 ) Une colonne de nuée le jour et une colonne de feu la nuit.
C ) Une mission quasi impossible.
C1 ) Un homme apte à prendre des initiatives audacieuses.
C2 ) Comment obtenir du Pharaon la libération du peuple que celui-ci asservit ?.
D ) Les malheurs qui s'abattent sur l'Egypte cesseront si le Pharaon libère les Hébreux.
D1 ) Première plaie : L’eau changé en sang
D2 ) Deuxième plaie : les grenouilles.
D3 ) Troisième plaie : les moustiques,
D4 ) Quatrième plaie : Les mouches venimeuses,
autres plaies(en développement)
DEUXIÈME PARTIE :
LE PASSAGE DE LA MER DES JONCS
E ) Moïse installe son peuple dans un campement où sa sécurité est assurée.
E1 Une première étape, Etamà l'entrée du désert
E2 Retour jusqu'aux côtes de la Méditerranée.
E3 Fort d'une armée bien équipée, et aguerrie, le Pharaon poursuit le peuple de Moïse.
E4 ) Une accumulation de cendres volcaniques sépare les adversaires et diffère le combat..
F ) Une bataille où la nature impose le rythme.
F1 ) Un vent d’Est souffle avec violence toute la nuit.
F2 ) Un tsunami dégage un large passage le long du rivage.
F3 ) Passage entre deux murailles d’eau.
F4 ) Le Pharaon lance ses troupes à l'attaque
F5) La cavalcade déstabilise les talus du cordon littoral.
F6 ) Les eaux reviennent et recouvrent chars et cavaliers de l’armée de Pharaon.
F7 ) Une victoire obtenue sans combat.
EPILOGUE
A la recherche d'indices plaidant pour l'authenticité du volcan sous-marin qui aurait généré les évènement catastrophiques intervenant dans le cours des épisodes "Dix plaies d'Egypte " et "Passage de la mer des joncs"; et accès au site qui développe le sujet..
PREMIERE PARTIE
LES DIX PLAIES D'EGYPTE
Le texte biblique est riche en détails, s’agissant en particulier de décrire la nature de chacune des dix plaies, eau changé en sang, les grenouilles, les moustiques, les mouches venimeuses, la mort du bétail, les ulcères, la grêle et la foudre, les sauterelles, les ténèbres, la mort des ainés. Certes le récit ne précise pas le nom du Pharaon qui s'opposait alors à Moïse, mais il cite les villes de Pithom et de Ramsès en cours de construction à cette époque ce qui permet de situer assez précisément l’événement dans le temps.
A ) Quand les Hébreux séjournent en Egypte.
De nombreux auteurs se sont donnés pour tâche d’inclure l’Exode dans l’histoire de L’Egypte antique. En particulier, dans un excellent ouvrage intitulé "Israël en Egypte", et publié en 1999 chez l’éditeur Pierre TEQUI, Lucien BODIN expose le séjour de 430 années du peuple Hébreux dans le delta du Nil, et précise les dates qui jalonnèrent la longue période ; il indique en particulier le nom du Pharaon de l’Exode.
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En voici le résumé, sachant que la chronologie présentée, étant digne de confiance, servira de référence quant aux dates indiquées dans la suite du présent développement.
Le séjour des Hébreux en terre d’Egypte se déroule en quatre grandes périodes.
A1 ) Première période : Changement de régime en Basse Egypte, et accueil de Joseph, promu conseiller du Pharaon.
.Les Hyksos sont des descendants de peuplades cananéennes, amorites ou encore hittites qui se sont installées en Egypte dans le delta du Nil pour profiter d’un pays fertile et bien arrosé.
En 1680 avant JC, profitant de la défaillance des derniers pharaons égyptiens de la XIVème dynastie, les Hyksos portent au pouvoir un des leurs, Salitis, roi de basse-Egypte. Par la suite, deux dynasties Hyksos règneront dans le delta du Nil, durant 141 ans, de 1680 à 1539.
1660 - Isaac meurt en pays de Canaan, situé à l’Est de celui d'Egypte. Son fils Jacob, qui a alors 68 ans, devient le Patriarche de la tribu.
1656 - Joseph, fils de Jacob, jalousé parce doué de nombreux talents, est vendu par ses frères comme esclave à une caravane en partance pour l’Egypte. Là, le jeune homme qui n’a que 17 ans est revendu au commandant des gardes du Pharaon. Maltraité dans un premier temps, il se fait remarquer pour ses capacités et à 30 ans devient conseiller du pharaon Apopi.
1636 - Le climat de toute la région devient très sec, ce qui déclenche en de nombreux pays une famine qui durera sept années. Cependant la basse Egypte, arrosée par le Nil est relativement épargnée.
A2 ) Deuxième période : Les Hébreux s’établissent dans le delta du Nil.
1634 - Les frères de Joseph quittent leur pays natal devenu inhospitalier, et demandent à s’établir en Egypte. Grâce à l'entremise de Joseph, le Pharaon leur permet de s’installer en pays de Goschen, qui se situe dans la partie Nord-Est du delta du Nil.
Bien que le pouvoir administratif et militaire du pays d’Egypte soit dévolu aux Hyksos, ceux-ci entretiennent de bonnes relations avec les Hébreux dont la population augmente considérablement.
A3 )Troisième période : Les Hébreux sont soumis à une nouvelle autorité.
1539 - Fin de la dynastie des Hyksos, et le pouvoir passe aux mains de Ahmosis, pharaon de la Haute Egypte. Dans un premier temps, ce changement n’a pas une grande incidence. pour le peuple hébreux.
Ainsi, jusqu’à une période de 298 années depuis leur arrivée en Egypte, les Hébreux auront prospéré, vivant en bonne entente avec les autorités du pays.
1336 - Mort de Aménophis IV ; avec ses successeurs, dont Toutankhamon, les relations entre Egyptiens et Hébreux se dégradent, ces derniers étant progressivement réduits à l’esclavage.
A4 ) Quatrième période : Les Hébreux sont mis de force à contribution pour des grands travaux, Moïse intervient..
1293 - Changement de dynastie. Ramsès 1er devient pharaon.
1291 - Succédant à son père qui n’aura régné que deux ans, Séthy 1er associe au pouvoir qu’il détient son fils de 10 ans, lequel deviendra Ramsès II. Il lance de grands travaux, construction de palais et de monuments, et impose de dures corvées aux Hébreux.
De plus, considérant qu’ils sont trop nombreux, le pharaon décrète la condamnation à mort de tous les nouveaux-nés mâles de l’ethnie.
1284 - Naissance de Moîse, qui est menacé d’être exécuté. Mais un stratagème de sa mère et de sa sœur obtient de Thiya, fille de Séthy 1er qu’elle le prenne sous sa protection et l’enfant est sauvé.
Moïse grandit au sein du palais du Pharaon, se formant aux arts, à l’écriture, à l’administration, au commandement.
1279 - Ramsès II a 22 ans quant il succède à son père, et entame un règne de 66 ans.,
1264 - Moïse a 20 ans quand il apprend son adoption par la sœur du pharaon et que ses parents naturels sont hébreux. Se rapprochant de ceux que les Egyptiens réduisaient à la servitude, il entre alors en conflit avec les autorités du pays et, craignant pour sa vie, s’enfuit au pays de Madian, de l'autre coté du golfe d'Aqaba. Là il fonde une famille.
1213 Mort de Ramsès II, à 88 ans ; son fils Méneptah âgé de 44 ans, lui succède.
1206 Par révélation, Moïse est investi d’une mission, celle de délivrer le peuple Hébreux du joug égyptien, et de le conduire jusqu’en terre de Canaan.
1205 Moïse, accompagné de son frère Aaron rencontre pour la première fois Méneptah, et lui demande simplement de laisser le peuple hébreux aller fêter le printemps à trois jours de marche dans le désert. Refus catégorique de la part du Pharaon qui y perçoit un stratagème de paresse.
Commence alors pour Méneptah et son peuple une période funeste, appelée " les dix plaies d'Egypte "..
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B ) Les dix plaies déclenchées par un cataclysme relativement ordinaire.
La chronologie que propose Julien BODIN est parfaitement recevable. Cependant, l'auteur refuse de s’engager en tant qu'historien sur la période où sévissent les événement calamiteux et déclare : "Il est impossible de comparer sérieusement les dix plaies d'Egypte à des cataclysmes naturels '. (page 87)
Objection !
A laisser entendre que les « dix plaies d’Egypte » aurait des causes qui ne seraient pas naturelles conduirait à faire de l'épisode un mythe..
Il y a lieu au contraire, de montrer que
Le présent développement propose donc une narration originale racontable par un historien dans la mesure où Moïse met en œuvre des actions strictement humaines.
B1 ) Le delta du Nil pollué par des cendres volcaniques.
Tel que le relate le récit biblique, la première plaie se manifeste par la coloration des eaux du delta du Nil en rouge. Sans doute pour les gens de l’époque, enclins aux superstitions, le phénomène était-il surprenant et de plus effrayant puisque rappelant la couleur du sang ;mais il aurait une explication d’ordre naturel comme le suggère une hypothèse relativement récente :
En 2002, les géologues Gilles Le Ricolais et William Ryan publient un article dans une revue scientifique pour mentionner que les dix plaies d'Egypte qui se sont abattues sur le peuple égyptien, selon les modalités décrites par le récit biblique, pourraient avoir comme événement déclencheur une éruption volcanique de grande ampleur. Celle-ci brusquement projette sur le delta du Nil des pluies abondantes de cendre. Les cours d’eau et la multitude d’étangs s’en trouvent gravement pollués, ce qui rompt l’harmonie de la région, et déclenche une succession de perturbations d’ordre biologique et météorologique, qui rendent insupportable la vie des Egyptiens.
La thèse fut reprise par de nombreux chercheurs qui ont montré comment chaque événement impactait l'environnement, tout en et engendrant le suivant.
Toutefois si l’hypothèse est très intéressante, pour qu’elle soit tout à fait recevable il y a lieu d’indiquer le volcan en question. Or, il n’y a aucun vestige de système volcanique en terre égyptienne. Aussi, certains auteurs suggèrent que le déclencheur des dix plaies serait le Théra qui fut actif vers l’an 1600 avant JC, et dont le cratère se situe sur l’île Santorin, celle-ci émergeant en Méditerranée à 800 km au Nord-Ouest de l’Egypte. De fait, le cataclysme fut d’une très grande puissance, rejetant dans l’atmosphère un volume d’éjectas estimé à une trentaine de km3, dont une partie aura certainement atteint le pays d’Egypte.
Mais cette proposition se heurte à deux objections :
Ainsi, à cause de la grande distance séparant l'île Santorin du delta du Nil, et de la non concordance des époques, l’éruption du Théra ne peut pas être la cause première des « dix plaies d’Egypte".
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Alors où se positionnerait le dit volcan ?
B2 ) Un volcan sous-marin.
Pour engendrer par réaction en chaîne des calamités dans le delta du Nil, fallait-il que les pluies de cendres abondantes proviennent d'une bouche émissive très proche. Comme celle-ci n’est certainement pas en terre d’Egypte, alors se situait-elle probablement en mer.
Nota bene : une prospection du fond de la Méditerranée au large du delta du Nil fait état d'un vaste excavation. Celle-ci se situe à un trentaine de kilomètres au Nord d'Alexandrie, et serait vraisemblablement vestige d'un volcan..
En définitive, un volcan sous-marin serait la cause des « dix plaies » d’Egypte. A l’appui de cette hypothèse, il convient d’indiquer que la Méditerranée se situe au-dessus d’une zone de subduction, où la plaque africaine heurte la plaque européenne ; d’où de nombreux volcans de type explosif, tel le Théra sur l’île Santorin. De plus, les volcans sous-marins sont beaucoup plus nombreux que ceux terrestres. La plupart sont ignorés parce qu’entrant en activité à de grandes profondeurs. Mais certains se positionnent non loin de la surface de la mer, et leur éruption est alors conséquente pour les terres émergées du voisinage.
Ce fut le cas du Kolumbo, situé en mer Egée à 80 km de l’île Santorin. Aujourd’hui, sa base repose à 505 m de profondeur et son sommet se situe à une dizaine de mètres sous le niveau de la mer. Entré en activité en 1650, il rejette des éjectas d'un volume estimé à 60 km3, et s'élève de plus de 500 mètres jusqu'à émerger. Ensuite il explose et s’effondre, ce qui déclenche un tsunami dévastateur pour les îles voisines dans un rayon de 150 km. L’analyse de ses vestiges a montré que c’est un volcan de type gris ou explosif, comme tous ceux qui se forment au-dessus d’une zone de subduction. Il est caractérisé par des manifestations sporadiques, avec rejet de grandes quantité de cendres, de coulées pyroclastiques et de laves visqueuses ; en s'accumulant, celles-ci lui confèrent un relief en cône très élevé par rapport à une base réduite.
B3 ) Un phénomène qui jette le trouble tout en étant imperceptible.
L’hypothèse d’un volcan sous-marin, de type Kolumbo, entrant en éruption à faible profondeur et au large des côtes égyptiennes, et qui serait le déclencheur des dix plaies d’Egypte est d’autant plus vraisemblable qu’elle rend compte d’un fait significatif, à savoir pourquoi le Pharaon et ses conseillers ont ignoré l’origine de leurs malheurs.
En effet, les érudits du pays, dont certains avaient voyagé au loin, connaissaient surement l’existence des volcans et les nuisances qu’ils pouvaient provoquer. Cependant, concernant les deux calamités où l’éruption agissait directement, personne n’a soupçonné une telle cause, simplement parce qu'elle se produisait insidieusement sous la surface de la mer, comme montré aux deux paragraphes suivants..
B3.1) S’agissant de la 1ère plaie, les eaux du delta du Nil sont brusquement polluées.
C’est le début de l’activité du volcan sous-marin. Une éruption se produit sur le fond océanique à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Les masses d’eau environnantes étouffent le son de l’explosion, tandis que la déflagration projette dans l’atmosphère une épaisse brume chargée de cendres.
Les habitants du bord de mer observent bien le déferlement de fortes vagues et entendent un grondement, mais l’attribuent à un violent orage en mer. Toutefois ils constatent qu’un immense nuage grisâtre soufflé par un vent Nord-Sud survole le delta du Nil.
Par endroit se produisent des pluies de cendres volcaniques. Or les particules sont extrêmement toxiques, et en tombant dans les fleuves et les étangs, empoisonnent les eaux .tout en les colorant de rouge; et la faune aquatique de succomber. A supposer que le Nil soit massivement atteint à son entrée dans le delta, comme il se subdivise ensuite en de multiples branches, la pollution se répand dans tout le pays.
Le Pharaon et ses conseillers sont témoins du phénomène, mais ne peuvent en déterminer la cause, à savoir une pluie de cendres volcaniques du fait que l'éruption se produise discrètement dans les profondeurs marines.
B3.2) La 9ème plaie plonge les Egyptiens dans les ténèbres pendant trois jours.
Plusieurs mois se sont écoulés après la 1ère éruption. Coulée après coulée des laves visqueuses ont élevé le cratère, lequel n’est plus qu'à quelques dizaines de mètres de la surface de la mer. C'est alors que se produit un important dégagement de gaz. Or le puissant jet perd de son énergie en se heurtant à l’eau environnante et les vapeurs brûlantes refroidissent et se densifient. Des fumées noirâtres s’élèvent au-dessus de l'océan, mais pas assez chaudes et légères pour monter en altitude, elles se rassemblent en un immense, lourd et épais nuage qui vogue à basse altitude. Et celui-ci, poussé par un vent Nord-Sud de dériver lentement et inexorablement vers le pays d’Egypte, recouvrant les champs, les chemins et les maisons, et privant les habitants de tout rayon de lumière.
La population s’interroge sur le phénomène, mais personne ne peut en deviner la cause qui n’est autre qu’un dégazage de volcan en mer.
B4 ) Une colonne de nuée le jour et une colonne de feu la nuit.
A noter que l'approfondissement des événements évoqués par le récit de l'Exode s'agissant de la 1ère et 9ème plaie conduisent à incriminer un volcan en activité dans le voisinage, tandis que le texte lui-même n'en fait pas directement mention.
En revanche le verset traitant du départ du peuple hébreux d'Egypte signale explicitement une éruption volcanique à proximité.
« Exode 13, 20-22 / Ils partirent de Succoth et campèrent à Etham, à l’extrémité du désert. L’Eternel allait devant eux le jour dans une colonne de nuée pour les guider sur leur chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu’ils puissent marcher jour et nuit. La colonne de nuée ne se retirait pas de devant le peuple pendant le jour, ni la colonne de feu pendant la nuit "
De fait, comme dit précédemment, voici une année que sévit en terre égyptienne la série de malheurs, tandis l'éruption volcanique sous-marine, qui en est la cause primordiale est ignoré par la population égyptienne. A terme, le Pharaon et son peuple excédés et, ne sachant pas déterminer la vraie raison des dérèglements de la nature, l'attribuent à la présence des hébreux sur leur sol, et veulent qu’ils s'en aillent.
Le départ de Moïse et de son peuple est donc décidé, et en grand nombre hommes, femmes, enfants qu’accompagnent d'immenses troupeaux de bêtes cheminent dans le désert.
Cependant, dans le même temps le volcan jusqu’alors sous-marin connaît un regain d’activité, et d'abondantes coulées de laves visqueuses affluent à son cratère. Son sommet, s’élève jusqu'à émerger, et former une petite île. L’éruption, devenue aérienne, se poursuit, et rejette violemment des volutes de fumées et des cendres incandescentes, lesquelles montent à de hautes altitudes et se voient de très loin.
Et le récit biblique de l'Exode de le signaler.
C’est donc après la libération des Hébreux que la population s'aperçoit de la présence d'un volcan en activité à proximité des côtes égyptiennes. Le fait joue en faveur de Moïse, puisque si le Pharaon et ses conseillers avaient eu connaissance d’une éruption volcanique dans leur voisinage pendant la série de calamités, sans doute lui auraient-ils attribué la cause des perturbations, décidant du coup de maintenir en place les esclaves et d'attendre que tout rentre dans l’ordre à la fin du phénomène.
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Un volcan sous-marin serait donc un élément déterminant dans le déploiement des dix plaies d’Egypte. Selon un indice qui sera examiné par la suite, il se positionnerait vraisemblablement au large du delta du Nil à 20 ou 30 km des côtes égyptiennes.
L’étude se poursuit en s’intéressant à chacune des plaies, et en montrant que toutes sont causées par des phénomènes naturels.
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C ) Une mission quasi impossible.
L’Exode fut écrit au temps du roi David, c'est à dire 1000 ans avant JC, à partir de traditions orales, racontant des événements qui se sont produits deux siècles auparavant.; et c'est le seul texte, transmis depuis l'antiquité évoquant la sortie d'Egypte du peuple hébreux sous la conduite de Moïse.
Or l'Exode inclut à la fois un enseignement religieux, une exposé de faits historiques, et un chant de victoire, empreint de lyrisme. De plus, depuis son écriture il y a plus de 3000 ans, le même texte s'adresse à des générations de fidèles. Aussi, en des temps qui remontent à l'antiquité et au Moyen-âge, et jusqu'à la Renaissance où la connaissance scientifique était rudimentaire, les lecteurs du récit étaient réceptifs au merveilleux, et n'opposaient aucune objection à la narration d’épisodes relevant du prodigieux. Aujourd'hui, forts d'importants acquis en archéologie, géologie ou encore biologie, les chercheurs qui s'appliquent à scruter le passé peuvent essayer de décrire un déroulement des faits s'inscrivant dans des processus réalistes.
C1 ) Un homme apte à prendre des initiatives audacieuses.
Partant, pour approcher l'épisode des dix plaies d'Egypte à partir du texte de l'Exode, le présent développement propose une version où Moïse est présenté comme un homme qui se sent divinement investi d’une mission, celle d'obtenir du Pharaon d'Egypte la libération du peuple hébreux que celui-ci maintient en esclavage. Mais comment affronter l’autorité d’un puissant pays en l’absence de moyens humains et matériels ? Or à cette époque, le delta du Nil entre dans une phase où vont se succéder des dérèglements climatiques et biologiques.
Moïse met donc à profit un sens aigu de l'observation, une puissance de déduction et une propension à la décision et à l'action .pour détecter les signes avant-coureurs des perturbations et s'en faire l'annonciateur. Une fois reconnu dans la fonction d’oracle, il prophétise que les malheurs du pays cesseront si le Pharaon laisse partir son peuple. Stratégie qui à terme sera couronnée de succès.
Dès lors, il convient d'interpréter l'expression « L’Eternel dit à Moïse …. » en essayant de décrire les multiples initiatives audacieuses prises par Moïse.
C2 ) Comment obtenir du Pharaon la libération du peuple que celui-ci asservit ?.
Depuis l'année 1634 avant JC et pendant quatre siècles ont cohabité dans le delta du Nil une population égyptienne prospère, et une colonie d’Hébreux résidant principalement dans le « pays de Gochen », situé au Nord-Est de la région, en bordure de la Méditerranée. Pour celle-ci la première phase de cette période fut certes faste, du fait de l’autorité bienveillante de Hyksos, mais après la reprise du pouvoir par les pharaons de la haute Egypte les relations entre les deux communautés se sont dégradées. De fait, les Hébreux sont réduits à l'esclavage sous le règne de Ramsès II (1279-1213), et son fils Méneptah, une fois devenu Pharaon maintient l'oppression.
Peu après sa naissance, Moïse fut adopté par la fille du Pharaon Ramsès II. Sa jeunesse se passe donc à la cour du roi d'Egypte, où il reçoit un enseignement de qualité, entre en contact avec des savants, apprend à mener les hommes. Toutefois, à 22 ans, il doit fuir le pays de son enfance et trouve refuge dans la région de Madian.
Agé de 80 ans, Moïse revient en Egypte, investi de la mission de libérer le peuple Hébreux (Ex 4, 22-23), oppressé par le nouveau pharaon Méneptah. Une demande auprès de celui-ci de permettre au peuple Hébreux, qu'il maintient en esclavage, de se retirer collectivement quelques jours dans le désert pour célébrer une fête religieuse, se solde par un échec. (Ex 5, 1-5).
Moïse s’interroge : Comment obliger le Pharaon à laisser partir la population qu’il asservit ? Le pays est si bien organisé et doté d’une puissante armée ! De plus les Egyptiens considèrent que les Hébreux sont trop nombreux, et connaissant la cruauté de Méneptah, une lutte armée dégénèrerait en massacre des révoltés. Non ! Un affrontement direct fait courir un grand risque. Pourtant, il doit y avoir un moyen de déstabiliser le Pharaon et son régime autoritaire, et obtenir la fin de l’esclavage. Mais lequel ?
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C’est alors qu’un volcan sous-marin explosif entre en éruption de manière sporadique en Méditerranée au large des côtes du delta du Nil.
D ) Les malheurs qui s'abattent sur l'Egypte cesseront si le Pharaon libère les Hébreux.
Moïse et Aaron ont établi leur résidence en pays de Gochen, mais non loin de Pi-Ramsès, où réside le Pharaon , parce que bien décidés à y revenir afin d'obtenir de celui-ci qu'il accède à leur demande..
D1 ) Première plaie : L’eau changé en sang
Exode 7, 14-17 : Yahvé dit à Moïse : "[ ] Va vers Pharaon [ ] Tu lui diras : Yahvé, le Dieu des Hébreux, m'a envoyé vers toi pour dire : Renvoie mon peuple pour qu'il me serve du désert, et voici que jusqu'à présent tu n'as pas écouté. Ainsi parle Yahvé ; A ceci tu sauras que je suis Yahvé ; voici que moi, du bâton qui est dans ma main, je vais frapper sur les eaux qui sont dans le Nil : elles se changeront en sang.".
En ce jour de printemps 1205 avant JC dans le Delta du Nil s'entendent des bruits sourds du côté de la mer. Sans doute un gros orage ! Et pourtant il n’y a pas d’éclairs. En revanche, dans le ciel apparaît un immense nuage, venant du Nord, qui gonfle et dérive lentement vers les terres, poussé par le vent. Ce sont des nuées boursouflées, de couleur gris sombre, avec des reflets jaunâtres ; leur aspect est tout à fait insolite. Serait-ce qu’un phénomène inhabituel se prépare ?
Mais voici qu’une petite partie du nuage s’est effondrée au-dessus d’une zone assez proche. et rejoint le sol, certainement en y répandant une matière. Moïse qui observe les curieux nuages veut connaître la nature de cette averse insolite. Il sollicite son frère Aaron et tous deux s’approchent du lieu où effectivement une pluie de cendres vient de cesser laissant un sol recouvert d'une fine couche de poudre grise, dont émane une odeur désagréable ; les deux hommes s’avancent jusqu’à un étang, et c’est l'étonnement ! L’eau a pris une coloration rouge et bouillonne en surface, signalant une agitation fébrile de la faune aquatique. Cà et là des poissons bondissent, tandis que d’autres accusent des soubresauts ou flottent ventre à l’air, sans vie.
Moïse repense aux bruits entendus précédemment venant de la mer et se revoit dans sa jeunesse à la cour de Ramsès II, écoutant un savant. Celui-ci racontait, qu'au cours d'un de ses voyages, il avait vu s'échapper d'un volcan des nuées rougeoyantes, desquelles retombaient des cendres.
Or c’est la fin de l'après-midi et le gigantesque nuage menaçant est en train de voguer lentement vers le sud. S’il répand ses cendres mortifères en amont des cours d’eau, en particulier sur le fleuve principal qui se scinde en de multiples branches, tout le Delta sera pollué. Ce sera pour les Egyptiens une calamité de grande ampleur.
Pendant la nuit Moïse réfléchit. " Il y a peut-être là une opportunité ! Les cendres pourraient provoquer une catastrophe, mais, si le volcan est sous-marin, le phénomène restera mystérieux. Je pourrais se rendre auprès du Pharaon et lui annoncer que les eaux du Nil, ses bras et ses étangs seront changés en sang, parce qu'il a refusé de laisser partir le peuple hébreux. Personne ne s'apercevra que le phénomène est naturel et par superstition beaucoup croiront à un présage ."
Le lendemain, très tôt, Moïse va au-devant de son frère et lui expose son plan : « A supposer que le nuage toxique qui voguait vers le Sud provoque prochainement une pluie de cendres sur les terres intérieures, en particulier sur le Nil au niveau de son entrée dans le delta, le flot d'eau polluée empruntera nécessairement la branche du fleuve qui passe à proximité du palais du Pharaon.
Il s'agirait pour des cavaliers de suivre ce cours d’eau jusqu’à vérifier qu'il est bien touché en amont par la pluie de cendres toxiques. Comme le courant est faible, de chevaucher à bonne allure permettra de revenir avant que la pollution de la rivière n'atteigne les abords du palais. Nous sollicitons alors la présence du Pharaon, et lui annonçons qu’une calamité va s'abattre sur son pays, à cause de son obstination à ne pas laisser partir notre peuple. Quand, juste après, le Roi d’Egypte constatera l’écoulement d’eaux rougies et mortifères à proximité de son palais, et qu'il saura que tout son pays est atteint, nul doute qu’il acceptera la demande que nous lui avons faite. ».
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Nota bene : Le Nil qui draine les eaux descendant de la Haute Egypte se subdivise en de multiples branches en Basse Egypte. Une pollution massive par des cendres volcaniques se produisant en amont du fleuve se répandra sur tout le delta.

Bien avant que le Soleil se lève Moïse et Aaron retournent à Pi-Ramsès et font appel à deux amis fidèles qui y résident, excellents cavaliers, dotés de montures performantes, et leur indiquent l'action à mener immédiatement :
Les deux cavaliers s'élancent à brides abattues.
En attendant le retour des émissaires, Moïse et Aaron se rendent au lieu fixé. Bien isolés dans le bosquet épais, ils s'activent à ramasser des branches sèches et des feuillages, et à préparer du bois mort pour alimenter un foyer qui brûlera sans fumer.
. C’est la fin de la matinée. Un nuage de poussières apparaît au loin; les cavaliers sont de retour. Oui ! Le cours d'eau est pollué en amont, et compte tenu de la vitesse du courant, et du temps de galop mis pour revenir, il reste environ trois heures avant que la vague de liquide toxique parvienne au palais.
Moïse demande aux deux amis d'entretenir le feu de bois sec, et dès que la coloration rouge apparaîtra sur la rivière, ils jetteront des branches à feuillage vert sur le foyer, ce qui dégagera une fumée visible de loin.
Moïse et Aaron se présentent aux gardes du palais qui, les connaissant, accèdent à leur demande d'une entrevue avec le Pharaon. Celui-ci par chance s'accorde un temps de détente en se promenant accompagné de proches et de serviteurs le long de la rive du cours d’eau. Et à nouveau Moïse l’interpelle, le mettant en garde sur son attitude vis à vis des Hébreux qui sera cause de grands malheurs pour son pays. Puis, apercevant de la fumée en direction du bosquet où sont postés ses amis, il fait signe à Aaron pour qu'il frappe d’un bâton la surface de l'eau. Aussitôt après apparaît un liquide rougeâtre entraîné par le lent courant, tandis que la faune aquatique s’agite frénétiquement avant d’expirer..
Le pharaon assiste au spectacle de désolation, mais il ne revient pas sur sa décision. (Ex 6, 23).
Nota bene : raison technique de la pollution.
Comme dit précédemment, la première plaie aurait été causée par le rejet massif d’éjectas, en conséquence de l’éruption d'un volcan sous-marin : les cendres se mélangent à la vapeur d’eau, et comme elles contiennent du dioxyde de souffre, il se forme des gouttelettes d’acide sulfurique, encore appelé vitriol. Or ce produit est très toxique et présent à forte dose dans une rivière, ou un étang empoisonne rapidement la faune aquatique.
S’agissant de la coloration, les cendres volcaniques auraient contenu de la rhyolite, matériau acide qui, répandu dans l’eau lui attribue une coloration rouge vif,
D2 ) Deuxième plaie : les grenouilles.
Exode 7, 26-29 : Yahvé dit à Moise : " Dis à Aaron : Rends toi vers Pharaon ; tu lui diras : Ainsi parle Yahvé : Renvoie mon peuple, pour qu'il me serve. Si tu refuses de le renvoyer, voici que moi je vais infester de grenouilles tout ton territoire. Le Nil pullulera de grenouilles ; elles monteront et entreront dans ta maison et dans ta chambre à coucher, et sur ton lit, et dans la maison de tes serviteurs et de ton peuple, et dans tes fours, et dans tes pétrins.".
Moïse et Aaron sont déçus de ce que le Pharaon soit resté intraitable malgré le désastre qui s’est abattu sur son pays. Mais maintenant il est impératif de trouver un autre moyen pour obtenir la libération de leur peuple.
Aaron – « Le Pharaon n'a pas cédé, mais il fut fortement impressionné à constater le rougissement des eaux et la mort des poissons, juste après la prédiction que tu as proférée.
Moïse – « Le Pharaon est fort d’un pouvoir absolu, d’une puissante armée, d'une administration efficace. Mais il est sans défense contre les forces de la nature. Nous allons essayer de les mettre à profit pour faire avancer notre cause.
Aaron – « Par quel procédé ? »
Moïse – « La pollution des eaux du delta a anéanti la faune aquatique, mais aura certainement une autre répercussion. A nous de l’anticiper. Soyons vigilants aux bizarreries qui pourraient apparaître dans les jours à venir, et qui seraient signes avant-coureur d’une calamité. Si nous parvenons à la définir, nous l’annoncerons au Pharaon, en la présentant comme un malheur qui s'abattra sur son pays s'il refuse de laisser partir le peuple hébreux. »
En quittant le palais du Pharaon, les deux hommes veulent prendre la mesure des ravages causés par la pollution, et avancent sur un chemin entre deux plans d’eau. Mais un vacarme leur fait lever la tête. Par milliers des oies sauvages passent au-dessus d'eux, remplissant l’espace de leurs cris perçants. Ils fuient une zone d’étangs tout juste polluée. Et le ciel gris de se consteller de volées d'oiseaux qui s’éloignent précipitamment de la contrée devenue insalubre..
Cependant, le Nil est un fleuve puissant. Aussi, son écoulement abondant élimine rapidement la pollution des principales branches et les étangs que celles-ci alimentent directement ; ce qui permet aux habitants vivant à proximité de retrouver une vie quasi normale.
En revanche est extrêmement pénalisée la population résidant en bordure des cours d'eau et des étangs de l’arrière-pays où perdure la pollution, parce que éloignés des grandes rivières. Aussi, pour s'approvisionner en eau potable, les villageois de ces zones doivent parcourir de longues distances.
Ainsi, dès le lendemain de la catastrophe, s’organise un ravitaillement à grande échelle et ce sont des colonnes de chariots, cheminant le long de routes boueuses, qui font le va et vient entre les habitations et les lieux où peut être facilement puisée de l’eau pour les besoins domestiques. La situation est d’autant plus critique que des cadavres de poisson s’agglomérant en masse, obturent les exutoires qui ordinairement permettaient de vider les étangs de l’eau en excès. D’où des champs inondés et des routes coupées obligeant souvent les convois à de longues déviations.
Moïse qui est revenu dans le pays de Gochen décide de se joindre à un convoi de réapprovisionnement en eau. Celui-ci parvient enfin à une rivière aux eaux purifiées où furent disposés des systèmes de pompage rudimentaires. L'activité est fébrile. Certains manœuvrent les voitures tirées par des bêtes tandis que d'autres font fonctionner les pompes pour remplir les récipients juchés sur les chariots. Le travail est épuisant, mais les opérateurs s’acharnent avec courage ; il y va de la survie de la communauté.
Nombreux sont les convois en attente de leur tour. Alors Moïse prévient le groupe qu’il accompagnait qu’il va marcher dans les environs. Il emprunte un sentier de chasseur qui longe la rivière vers l'amont, et parvient à un village inondé. Il hèle un homme, à l’air abattu, qui regarde les nombreuses maisons s'érigeant le long de ruelles étroites, serrées les unes contre les autres, et baignant dans un liquide boueux :
Moïse – « Bonjour ! Vous êtes un habitant de ce village ? »
Quidam – « Ah, Bonjour ! Oui ! Je viens de mettre ma famille dans un abri de fortune sur les hauteurs environnantes, et cette maison inondée, c'est la mienne ! Vous voyez ce grouillement à l’intérieur ; ce sont des centaines de grenouilles. Elles sont attirées par les provisions que j’y ai entreposées. »
Moïse – « Effectivement, c’est affligeant. »
Quidam – « Et en amont de la rivière, il y a un étang où elles sont innombrables. Tenez, suivez-moi. Nous allons remonter le long du cours d’eau et vous allez pouvoir juger par vous-même. »
Il ne faut pas longtemps aux deux marcheurs pour parcourir quelques centaines de mètres et déjà s’entend un vacarme insolite. Le chemin débouche alors sur un étang tout en longueur et parallèle à la rivière:; le spectacle est hallucinant. Sur le plan d'eau pullulent des grenouilles, et les berges sont couvertes de bestioles crapahutant et poussant leur coassement rauque.
Moïse est stupéfait. – « Et vous savez s’il y a d’autres regroupements comme celui-ci ?.
Quidam – « On en trouve un peu partout aux abords des grandes rivières. Mon fils qui est navigateur sur le fleuve m’a rapporté en avoir aperçu des quantités de chaque côté du cours d’eau qui passe à travers la capitale, où réside le Pharaon »..
Moïse a rejoint son groupe, lequel a terminé le remplissage et le chargement des récipients d'eau, et l'attend pour prendre le chemin de retour. C’est embêtant de retarder les autres mais l'escapade valait la peine.
Alourdi par les récipients remplis d’eau, le convoi avance lentement. Moïse repense au village inondé. « Quelle désolation ! Et combien d’agglomérations subissent encore le même sort ! Et cet étang bondé de grenouilles quel curieux spectacle. Dire qu’il y en a un peu partout. Mais cela s'explique : Il y a trois jours, toutes les eaux se sont colorées de rouge. Aussitôt les poissons sont morts, les oiseaux ont fui la région et les grenouilles se sont réfugiées sur les berges, puis, par instinct, elles ont rappliqué vers les rivières, comme celle où nous avons puisé l’eau, qui se sont rapidement purifiées parce que bien alimentées, . D’ici 15 à 20 jours tous les étangs du pays retrouveront leur état normal, et les petites bêtes y retourneront. Les Egyptiens se souviendront de cette pollution. »
Puis soudain Moïse est subjugué par un pressentiment : "Et si dans les jours prochains s’abattait une tempête ! Les rivières gonflées par une pluie diluvienne sortent de leur lit, et les flots tumultueux déferlent sur les étangs voisins, entraînant en masse les grenouilles ; et celles-ci à hauteur des villes et villages sont capturées par les maisons collées les unes contre les autres. Et quand le niveau d’eau baisse les bestioles restent prisonnières au sein des agglomérations ! Ce sera une catastrophe pour leurs habitants. ».
Moïse est revenu à son domicile et contacte son frère. Il lui fait part de ce qu’il a observé, en particulier s’agissant de l’étang où pullulent des grenouilles, phénomène qui se répèterait un peu partout, mais aussi de la possibilité d’un charriage massif des bestioles en cas de mauvais temps.
Moïse - « Si une grosse intempérie éclate, ce qui est probable en cette saison, les villes et villages en bordure de rivières importantes vont certainement subir une invasion de grenouilles. Beaucoup de familles auront à subir un désastre. »
Aaron – « Et même le Pharaon, puisque la ville où s'érige son palais se situe à en bordure d’un large cours d’eau. »
Moïse - « Tout à fait ! D'autant que j'ai appris que beaucoup de regroupement de grenouilles sont disposés le long de cette rivière. Et c'est pour nous le moment de réitérer notre demande ! Ce pharaon qui n'a rien voulu entendre malgré la punition par pollution que lui infligeait l’Eternel, peut être prètera-t-il attention à la menace d'une nouvelle calamité. Oui ! L’occasion se présente de lui dire que si notre peuple n’est pas libéré, villes et villages du pays seront envahis par des grenouilles. »
Aaron – « Attention ! S'agissant de la pollution des eaux du delta du Nil, tu savais qu'elle allait se réaliser en présence du Pharaon, mais cette fois la catastrophe sera la conséquence d'une tempête engendrant des crues. Comment peux-tu être certain qu’elle s’abattra si le Pharaon réagit à ta menace par un refus?
Moïse – « Parce qu’elle s’abattra bientôt de toutes façons : Les grenouilles qui sont actuellement regroupées dans les étangs à proximité des rivières à fort débit, ne retourneront pas dans les lieux qu’elles occupaient tant que ceux-ci sont insalubres, et la dépollution naturelle prendra au moins une trentaine de jours. Or, les tempêtes sont fréquentes en cette saison, et il est probable que la prochaine s’abattra avant ce délai.
Aaron – « C’est vrai ! Mais alors supposons que Méneptah accède à la demande de libération. Quelques jours après un orage sévit, ce qui déclenche l’invasion de grenouilles. Le Pharaon s’estime dupé ; furieux, il revient immédiatement sur sa décision, et pourrait même nous sanctionner gravement pour avoir essayé de le tromper. »
Moïse – « Exact ! Cependant, il y a un moyen d’éviter la catastrophe : dans toutes les zones connues pour être inondables, il suffira de mettre en place un système de filtrage en obturant les ouvertures des habitations avec des filets de pêcheurs ou des barrages de branchages. Avec l’inondation l’eau pénétrera dans les maisons, mais les bestioles resteront à l’extérieur et seront entraînées vers l’aval par le courant. Aussi, à supposer que Méneptah accepte de nous laisser partir, alors nous lui indiquerons ce qu’il devrait faire d’urgence : envoyer des émissaires dans toutes les zones inondables pour dire aux habitants de se protéger en interdisant aux grenouilles l’accès de leurs demeures..
Aaron – « Soit ! J’approuve une telle démarche auprès du Pharaon. Je t’accompagnerai jusqu’au palais, mais mieux vaut que tu y entres seul ! Si le Pharaon nous reçoit ensemble pour entendre la menace d'un nouveau malheur, il se mettra en colère, et pourrait vouloir nous châtier ; en revanche, il reconnaît en toi un authentique oracle, et acceptera le dialogue. »
Dès le lendemain, alors que sept jours se sont écoulés depuis la gigantesque pollution par les cendres volcaniques, Les deux frères reviennent à Pi-Ramsès, mais Moïse se présente seul aux gardes du palais qui le conduisent auprès du Pharaon. Cependant, insensible à la menace d’une nouvelle calamité celui-ci rejette encore une fois la demande, (Exode : 7 - 26,29).
A la sortie du palais du Pharaon, Moïse fait part de l’échec de sa démarche à son frère, et les deux hommes décident de rentrer chez eux au pays de Gochen. Là bas, ils mettront en garde les responsables des agglomérations situées près des rivières où vivent des Hébreux, pour qu’ils disposent des systèmes de protection contre l’invasion de grenouilles, ce qui leur évitera de subir d’épouvantables désagréments.
Exode 8, 1-2 : Yahvé dit à Moise : " Dis à Aaron : Etends la main avec ton bâton sur les rivières, sur les canaux, sur les étangs, et fais monter les grenouilles sur le pays d'Egypte". Aaron étendit sa main sur les eaux d'Egypte : les grenouilles montèrent et couvrirent le pays d'Egypte.
Cependant, leur concertation est brusquement interrompue : Provenant de la direction Sud des grondements se font entendre, et des éclairs de zébrer un épais nuage gris.
Moïse s’exclame : « Impossible d’avertir les habitants du pays de Gochen ! C’est trop tard ! Ce sera pour les familles de notre peuple une période pénible quand des bestioles s’introduiront dans leurs maisons. La tempête a commencé, et elle s'abat en amont des rivières ; dans quelques heures, la crue qui va déferler charriera par millions des grenouilles, jusqu’aux villes et villages en bordure de rivières où elles seront retenues au sein des maisons.
Notre démarche auprès du Pharaon est infructueuse, mais nous allons profiter de la situation pour faire valoir notre capacité à prédire les événements : Toi, qui a une haute stature et une voix forte, arpente les rues de Pi-Ramsès, et annonce à la population que les eaux vont bientôt déverser un foisonnement de grenouilles ».
Il ne pleut pas sur la grande ville, mais une lueur étrange éclaire les rues et les gens. Aaron marche parmi ceux-ci, tendant le bâton qu’il tenait vers les cours d'eau (Ex :8- 2,3), et clamant un châtiment imminent, le déferlement d'une myriade de bestioles qui s’introduiront dans les maisons ; ce sera un supplice pour les habitants. Les passants l'écoutent, avec curiosité pour certains, scepticisme pour d’autres.; un groupe de jeunes le suit, plaisantant entre eux et lançant quelques moqueries.
Aaron emprunte un chemin conduisant à la rivière, quand brusquement une vague en déborde les rives et déferle vers le groupe. La nappe d’eau progresse rapidement vers le groupe, et l’on distingue nettement à sa surface une myriade de grenouilles se débattant. Les jeunes poussent des cris en s’enfuyant. Moïse qui suivait son frère de loin le rejoint, et suggère de se rendre dans une maison à étage tout proche, appartenant à un ami, lequel lui propose d’y attendre la fin de l’inondation.
Les jours suivants dans toutes les bourgades situées à proximité des rivières c’est la désolation.
En pénétrant dans les maisons, et jusque dans le palais du pharaon, L’eau a introduit des grenouilles en grand nombre, et maintenant qu’elle s'est retirée les bestioles pénètrent partout, en particulier dans les endroits où sont entreposées des réserves de nourriture. Et le palais du Pharaon n’est pas le moins infesté.
Nota bene : Concernant l'invasion par les grenouilles, certaines publications présente le phénomène comme une simple migration massive vers les villes et villages des bestioles chassés des étangs par la pollution. Mais dans ce cas la calamité se serait progressivement mise en place et les habitants auraient pu y parer. En particulier les nombreux serviteurs du Pharaon auraient été mobilisés pour protéger efficacement le palais.
Aussi, pour créditer l'invasion de grenouilles dans toutes les maisons, y compris celles les mieux gardées, il est vraisemblable qu'elle s'est produite moyennant une inondation de grande ampleur.
Exode 8, 4-6 : Pharaon appela Moïse et Aaron, et il dit: "Implorez Yahvé pour qu'il écarte les grenouilles de moi et de mon peuple, et je renverrai le peuple pour qu'il sacrifie à Yahvé. Moïse dit à Pharaon :"Fais moi l'honneur de me dire quand je dois implorer pour toi, pour tes serviteurs et pour ton peuple, afin de supprimer les grenouilles de chez toi et de tes maisons, de sorte qu'il en reste seulement dans le Nil ?"
- "Demain" répond Pharaon.
- Moïse dit : " Il en sera selon ta parole, afin que tu saches qu'il n'y a personne comme Yahvé, notre Dieu".
Cependant, le temps s’est mis au sec, et les grenouilles, si vives juste après l’invasion, ne sont plus en contact avec l'eau, leur milieu naturel. Elles s'affaiblissent donc et vont mourir de déshydratation à brève échéance. Moïse, qui les observe attentivement, sait que leur fin est proche, d’autant plus qu’en fin de journée le ciel est d’un rouge vif au couchant, ce qui présage d'une canicule pour le lendemain.
Or, voici qu’un garde du palais interpelle Moïse et son frère, et alors que la nuit tombe leur intime l'ordre de se présenter incessamment au Pharaon, (Ex 8, 4-7). Celui-ci est excédé. De partout il entend des plaintes concernant l’invasion de grenouilles, et lui même en est incommodé, malgré la mobilisation de ses serviteurs pour les chasser. En outre dans la population s’est répandue une rumeur affirmant que si Moïse avait été écouté, cette calamité aurai été évitée.
Le Pharaon déclare laisser partir le peuple si les bestioles disparaissent. Moïse sait que la plupart d’entre elles, déjà épuisées, vont expirer de déshydratation au cours de la canicule qui sévira le lendemain, Mais il veut pousser son avantage et paraître à même de pouvoir par la prière décider du jour où la calamité prendra fin. Il offre donc à son interlocuteur de fixer lui même le moment de la délivrance, pensant que pour quiconque dans un tel cas le plus tôt serait le mieux ; et en effet il entend la réponse attendue : demain.
Comme Moïse l'avait espéré, le lendemain fut une journée terrible, un ciel sans nuage, un soleil flamboyant et une chaleur accablante. Les grenouilles agonisaient dans tous les recoins où elles s'étaient réfugiées, cherchant de l’humidité, et déjà vers midi la plupart étaient mortes. Le ramassage et la mise en tas des cadavres fut pénible, mais la population s'activait avec courage, pour être enfin débarrassée de l’infection.
D3 ) Troisième plaie : les moustiques,
Exode 8 – 13 : "Aaron tendit la main avec son bâton et frappa la poussière de la Terre. Elle fut changée en moustique sur les hommes et sur les animaux. Toute la poussière de la terre fut changée en moustique dans toute l’Egypte."
Bien que le pays soit débarrassé des grenouilles, condition pour laisser partir le peuple que Méneptah asservissait, celui-ci revient sur sa promesse. Moïse croyait avoir gagné la partie, mais non ! Cependant, tenace, il continue à chercher un moyen de forcer le pharaon à céder.
Les jours suivants, toujours hébergé avec son frère à Pi-Ramsès chez son ami, il parcourt les campagnes, persuadé qu’après la pollution des eaux et l'invasion de grenouilles, d'autres phénomènes étranges pourraient se produire. Il constate que les crues engendrées par la tempête qui a sévi récemment, ont nettement assaini les plans d’eau du pays. Cependant, incommodé par des moustiques, il observe que leur foisonnement est de plus en plus intense, ce qui le conduit à une réflexion : « Effectivement, la pollution des eaux du delta du Nil a frappé la vie aquatique, et particulièrement les larves d’insecte qui y séjournaient ; mais de nombreux étangs furent épargnés, et à partir de là la population de moustiques se régénère, réoccupant les plans d'eau redevenus salubres. Or du fait de l’extermination des grenouilles, ces insectes n’ont plus de prédateurs et se multiplient ; à terme, ils seront extrêmement nombreux, au point de ne pas pouvoir s’alimenter en restant dans leur niche écologique ; et pour subsister ils assailliront les populations humaines et animales des campagnes, des villages et des villes. Ce sera un nouvelle calamité. »
Moïse fait part à son frère de la déduction, à savoir qu’une nouvelle invasion est en gestation, mais cette fois de moustiques, et les deux hommes se concertent :
Aaron - « Voilà peut être une opportunité pour revenir à la charge du Pharaon ».
Moïse – « Non ! Si je demande à Méneptah de laisser partir notre peuple, faute de quoi son pays sera infesté de moustiques, à supposer qu’il accède à la requête, il me mettra au défi d’une action impossible, celle d’arrêter rapidement le fléau. Celui-ci prendra fin lentement, quand seront suffisamment nombreux les prédateurs d’insectes qui commencent à revenir dans les espaces abandonnés.
En revanche, les hommes et femmes d’Egypte furent certainement marqués par les deux calamités qui se sont abattues, et cette fois ce serait l’occasion d'accroître leur désarroi. Dès que l’invasion d’insectes débutera, avec ta haute stature et ta voix forte, mêle toi aux gens dans les rues, et en clamant que le ciel manifeste à nouveau son courroux, tu frapperas le sol de ton bâton pour faire s’élever des nuées de moustiques. Le but est de persuader la population égyptienne que le choix de Méneptah concernant notre peuple est cause de malheur.
Une multitude de moustiques qui assaillent sans répit hommes et bêtes ! Ce fut une période très désagréable pour les habitants d'Egypte, et des voix s'élevaient pour affirmer que ce nouveau fléau était signe d’un mécontentement des dieux. Mais le Pharaon de s’obstiner dans son refus.
D4 ) Quatrième plaie : Les mouches venimeuses,
ou pourquoi ont-elles fait des ravages chez les Egyptiens
, mais pas au pays de Gochen où vivaient le Hébreux.
Exode 8, 20 : « Une grande quantité de mouches venimeuses vint dans la maison du Pharaon et de ses serviteurs et toute l’Egypte fut dévastée par les mouches.
Des agents de Méneptah lui ont rapporté que, juste avant l'envahissement des moustiques dans les cités, Aaron arpentait les rues de Pi-Ramsès en l’annonçant comme une punition du ciel. Comprenant que cette démarche pouvait créer une certaine animosité de son peuple contre lui, le Pharaon en est irrité, et tient conseil quant à prendre une sanction contre Moïse et son frère, ce qui naturellement leur est communiqué. Aussi, Moïse et Aaron décident de s’éloigner de la capitale et reviennent chez eux en pays de Gochen.
La route fait fréquemment longer des rivières et des étangs, et, profitant d’une pause à proximité d’un village hébreux, Moïse observe attentivement l'environnement : il apparaît que la pollution des eaux est complètement résorbée ; les moustiques pullulent encore, mais la faune aquatique est revenue, en particulier les oiseaux, et on entend même des coassements de batraciens, ce qui laisse supposer que l’équilibre entre populations d’insectes et animales est en train de se rétablir; en revanche aux abords des lieux habités s’élèvent des monticules étranges ; ce sont les agglomérats de cadavres de grenouilles que les villageois ont entassés, et que les habitants du lieu ont recouvert de terre.
Moïse s’approche de l’un d’eux, et pratique une cavité dans la couche de terre ; il. observe au creux des amas de chair en putréfaction des grouillements. Il reconnaît des larves de mouches venimeuses, et est pris d’un horrible pressentiment : « Il y a une multitude de tels monceaux de pourriture dans le delta du Nil, et la plupart sont sans doute devenus des niches écologiques pour les mouches venimeuses. Dans quelques jours les larves se métamorphoseront en insectes ailés, lesquels vont attaquer massivement hommes et bêtes. »
Moïse hèle son frère et lui expose le nouveau fléau qui va sans doute sévir prochainement. Aaron pâlit d’effroi : « A peine remis des agressions de moustiques, il nous faudra subir des désagréments bien pire. Ne peut-on empêcher que se produise une telle catastrophe ? ».
Moïse y avait réfléchi : « Si ! Il faut d’urgence mobiliser le maximum de personnes valides pour repérer les amas de cadavres de grenouilles et les détruire ; soit en les jetant à l’eau, pour ceux proches d'une rivière ou d’un étang ; soit en brûlant des branchages au dessus de nids de mouches venimeuses. Ici, au pays de Gochen, nous sommes connus, et avons la confiance de nombreuses personnes en responsabilité de leur communauté ; allons au devant d’eux pour les prévenir de ce qui risque de se produire, et leur indiquer le moyen de l'empêcher :
Aussitôt, pour expliquer le danger du phénomène en gestation, les deux hommes se rendent dans un grand village, dont ils connaissaient le chef. Celui-ci prend conscience de la situation périlleuse, et fait appeler ses auxiliaires, les enjoignant à se mettre immédiatement au travail; il s'engage aussi à avertir les responsables des villages d’alentour de la calamité qui menace, et de leur indiquer comment y parer.
Impulsé par Moïse et Aaron, l’ordre de détruire les nids de mouches venimeuses est rapidement entendu, et dans tout le pays de Gochen une myriade de groupes d’arpenter le pays pour les nettoyer des amas de cadavres de grenouilles.
Aaron est soulagé : « L’action de la population fut efficace, au pays de Gochen en tout cas, car je ne sais pas si les villes et villages égyptiens on lancé aussi des opérations de nettoiement similaires. »
Moïse n’a pas manqué d'envoyer des personnes de confiance pour s’informer de la conduite des égyptiens relativement à la multitude de nids de mouches venimeuses qui jonchaient leur pays :
« Aux dernières nouvelles, chez nos voisins, les monticules nauséabonds aux abords des lieux habités furent simplement recouverts de terre et de sable à cause des odeurs, mais le danger n’est pas écarté, et, si rien n’est fait, ce sera bientôt une explosion d’insectes agressifs."
Effectivement, en pays égyptien, en particulier à Pi-Ramsès, les amas de cadavres de grenouilles n'ayant pas été supprimés devenaient autant de foyers de prolifération de mouches venimeuses, lesquelles étaient cause de désagréments extrêmes pour la population.
Le fléau s'abat aussi sur la maison du Pharaon. Pour y remédier, celui-ci fait appel à Moïse et Aaron, leur promettant, en échange d’une intervention efficace, d'accéder à la demande de libération de leur peuple. Fort de cet engagement, les deux frères font savoir aux responsables des collectivités le moyen d’arrêter l’invasion de mouches venimeuses, par destruction des nids au moyen de brasiers.
Il est mis fin à la calamité, cependant que le Pharaon n'honore pas sa promesse.
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autres plaies (en développement)
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Après la dixième plaie, le Pharaon Méneptha cède à la demande de Moïse et Aaron, en acceptant de laisser partir le peuple qu'il asservissait.
DEUXIEME PARTIE
LE PASSAGE DE LA MER DES JONCS
Moïse a libéré son peuple de la servitude, mais une tache ardue l'attend, qui consiste à le conduire à travers le désert.
E ) Moïse installe son peuple dans un campement où sa sécurité est assurée.
Exode 12, 31-33 : "La nuit même le Pharaon appela Moïse et Aaron et leur dit 'Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple, vous et les Israélites. Allez servir l’Eternel comme vous l’avez dit. Prenez votre petit et gros bétail comme vous l'avez dit. Allez-y et bénissez-moi.’ Les Egyptiens poussaient le peuple. . Ils étaient pressés de le renvoyer de leur pays car ils disaient : 'Nous allons tous mourir'. "
Depuis le printemps 1205 avant JC et durant une année, le delta du Nil est frappé de calamités. La dixième est la plus terrible, qui, en une nuit, endeuille de leur premier né toutes les familles égyptiennes, y compris celle du Pharaon. Celui-ci décide alors de se séparer de la population hébraïque, ce qui met fin à une oppression de 132 ans.
Exode, 12,35-38 : « Les fils d’Israël agirent selon la parole de Moïse : ils demandèrent aux Egyptiens des objets d’argent, des objets d’or et des vêtements. Yahvé fit que le peuple trouva grâce aux yeux des Egyptiens qui accueillirent leur demande. Et ils dépouillèrent les Egyptiens.
Moïse doit conduire les Hébreux libérés de l’esclavage hors d'Egypte pour au final les établir en pays de Canaan. Dans un premier temps il incite ceux qui veulent le suivre à se préparer au voyage, en se munissant des choses utiles, au besoin en sollicitant les Egyptiens.
Nota bene : Tout au long de la période des « dix plaies", Moïse s’employait à convaincre le Pharaon de laisser partir son peuple, faute de quoi de grands malheurs s’abattraient sur son pays. Après la 10ème calamité, les Egyptiens, excédés, ayant hâte de voir les Hébreux s’en aller leur cédèrent quantité d’objets et de biens, pour accélérer le départ.
Exode 12, 37-38 : « Les fils d’Israël partirent de Ramsès pour Succoth, environ six cent mille hommes de pied, hommes seuls sans compter les enfants. En outre un peuple mêlé, nombreux, monta avec eux et aussi du petit et du gros bétail, un troupeau immense. »
C’est le jour tant attendu ! La population qui s’est réunie à Ramsès, fait ensuite mouvement vers Succoth. Elle est très nombreuse, comprenant les Hébreux vivant en Egypte, mais encore d’autres peuplades qui veulent recouvrer leur liberté. Tous sont solidaires et déterminés du fait de la confiance qu’inspire Moïse.
Nota bene : Le chiffre recensant la cohorte qui prend la route pour traverser le désert est impressionnant, et certains auteurs l’estiment exagéré. Mais les faits se déroulent il y a environ 3200 ans, et certains indices montrent qu’à cette époque le climat était bien plus humide qu’aujourd'hui, et que des espaces aujourd’hui arides étaient alors suffisamment verdoyants pour subvenir en nourriture à des populations humaines et animales en nombre important.
E1 Une première étape, Etam à l'entrée du désert
Exode 13, 17-18 : « Or, quand Pharaon renvoya le peuple, Dieu ne le conduisit point par le chemin du pays des philistins, bien qu’il fut plus court, car Dieu se disait en effet ' le peuple pourrait bien se repentir, en prévoyant le combat et retourner en Egypte ' . Mais Dieu fit faire au peuple un détour par le chemin du désert de la mer des joncs, et bien armés, les fils d’Israël montèrent du pays d’Egypte.
Pour rejoindre le pays de Canaan, le plus court trajet, à partir de Succoth, serait de remonter vers le Nord, jusqu’à atteindre les côtes de la Méditerranée, puis en prenant le « chemin des Philistins » de longer celles-ci, selon la direction Est. Mais il faut alors traverser un pays dont la population risque d’être hostile, ce qui suppose des attaques malveillantes ou des raids de voleurs de bétail. Or, s’ils sont violemment harcelés, les Hébreux pourraient se décourager et renoncer à leur objectif. D’où la décision de traverser le pays d’Ouest en Est, mais plus au Sud, en empruntant le chemin du désert qui part de la 'mer des jonc" (parfois nommée "mer des roseaux').
Nota bene : La "mer des joncs" est aujourd’hui appelée "lac Manzaleh", lequel reçoit les eaux des branches orientales du Nil et s’étend sur 18 km² de superficie, soit 180 000 hectares, en n'étant profond que d'environ un mètre.
« Exode 13,20-21 Ils partirent de Succoth et campèrent à Etam à l’extrémité du désert. Yahvé marchait devant eux, dans une colonne de nuée pour les guider, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer ; ils pouvaient donc marcher le jour et la nuit. La colonne de nuée ne se retirait pas le jour devant le peuple, ni la colonne de feu la nuit sur le chemin. »
La cohorte avance d'un bon pas, marchant même durant une partie de la nuit, afin de mettre le plus distance possible entre les migrants et le pays qu’ils ont quitté, de peur que ceux qui les ont laissé partir reviennent sur leur décision. A terme, hommes et bêtes font halte à Etam qui se trouve à la porte du désert. Le site se situant en bordure du lac Amal convient à l’installation d'un campement.
Nota bene : Sur une carte d’Egypte, Ramsès se situe parfaitement sachant que depuis l’antiquité ce nom de ville égyptienne fut conservé au fil des âges. De même, les archéologues s’accordent sur la position géographique approximative de Succoth, non loin de Ramsès et Etam à coté du lac Amal.
Par ailleurs, une colonne de nuée, visible le jour et rougeoyante la nuit se rapporte nécessairement à une éruption volcanique. Or il n'y a pas de vestiges de volcanisme en terre égyptienne. C'est donc qu'il s'agissait d’un volcan sous-marin en mer méditerranée, au large du delta du Nil.
E2 Retour jusqu'aux côtes de la Méditerranée.
« Exode 14, 1-2 : Yahvé parla à Moïse en ces termes : ‘Dis aux fils d’Israël qu’ils reviennent camper devant Pi-Hahirot, entre Migdol et la mer, vis à vis de Baal-Sephôn. Vous camperez en face de ce lieu, au bord de la mer. ».
De camper à Etam permet à la population de se reposer et de se réorganiser après une longue marche. Mais Moïse est averti de ce que le pharaon Méneptah regrette d’avoir laissé partir la population qu’il asservissait, et qu'il pourrait décider de mobiliser son armée pour la ramener en Egypte. Or la zone où le campement hébreux est installé ne présente aucune défense naturelle.
Moïse choisit donc de quitter Etam, où la cohorte serait facilement encerclée en cas d’attaque, et de transférer la population en un lieu relativement protégé, lequel permettrait à ses combattants de résister si besoin.
Nota bene : Les noms de Pi-Hahirot et Baal-Sephôn ne sont cités que dans le récit biblique ; d'où une imprécision sur leur emplacement exact.
S’agissant de Migdol, il est admis que le mot se traduise par forteresse et pourrait donc désigner une construction qui se situait en bordure de la Méditerranée, et à l’extrémité Est du cordon littoral, là où aboutit le chemin des Philistins. C'était probablement une place forte où stationnait une garnison chargée de repousser les attaques de pirates qui écument les côtes méditerranéennes.
Aussi, il est judicieux de considérer que dans l'expression ' vous camperez, près de la mer', le mot mer désigne la Méditerranée.
Moïse connaît bien les régions du delta du Nil, pour les avoir parcouru au temps de sa jeunesse, et il pense à un site où il allait souvent chasser, et qui aurait de nombreux avantages quant à établir un campement sécurisé : Il s'agit du cordon littoral qui sépare la mer Méditerranée et la « mer des joncs ».
C’est une longue et étroite bande de terre de forme rectangulaire très allongée, mais assez large pour qu’une population nombreuse y séjourne ; l’alimentation en eau est facilitée par la proximité du lac et de nombreuses sources ; quant à trouver de la nourriture, là encore la région est suffisamment verdoyante pour nourrir hommes et bêtes.
De plus le site est fermé à l’Ouest par l’embouchure d’une des branches du Nil ; et protégé au Nord par la mer et au Sud par le lac. Une éventuelle attaque par l’armée du Pharaon ne pourrait donc se faire que du côté Est.

Nota bene : Le cordon littoral où Moïse aurait établi un nouveau campement pour son peuple serait celui qui aujourd'hui sépare le « lac Manzaleh » et la mer Méditerranée. La bande de terre est large de 2 à 3 kilomètreset approximativement longue de soixante. Le sol se compose de sable et de vase, alluvions apportées par le Nil durant des millénaires. Aujourd’hui, à son extrémité Est s'élève la ville de Port Saïd, qui compte six cent mille habitants.
Sur ordre de Moïse, la cohorte quitte donc Etham et remonte vers le Nord en longeant le flanc Est de l’immense lac, ‘ mer des joncs ', jusqu’à atteindre le chemin de Philistins, et de là elle bifurque en direction Ouest pour accéder au cordon littoral où la population installe un vaste campement.
Nota bene : Compte tenu de ce que le verset 14, 1-2 emploie le mot « revenir », cela suppose que Moïse aurait fait prendre à la cohorte en sens inverse le même chemin qu'à l'aller.
Les noms de Pi-Hahirot et Baal-Sephôn n’étant cités que dans le récit biblique, cette imprécision permet de définir librement leur emplacement et leur nature. Ainsi, le présent développement considère que Baal-Séphôn désigne une grande île du lac Manzaleh, qui s’étendait en vis à vis d’un exutoire du lac, lequel traversant le cordon littoral et rejoignait Pi-Hahirot, port de pêche sur la Méditerranée.
Aussitôt parvenu au cordon littoral, Moïse envoie des éclaireurs pour établir la configuration exacte de la bande de terre, et compte tenu des informations, décide de l’organisation du campement qu'il importe de protéger.
Il apparaît que, vers son milieu et sur une longueur d’environ 1 kilomètre, le cordon littoral n'est large que de quelques 200 à 300 mètres, étant traversé par endroit par des exutoires larges, mais peu profond qui déversent le trop plein du lac en mer Méditerranée. En outre, l'étroite bande de terre se situe en vis à vis de Baal-Séphon, grande île lacustre, dont elle est séparée par un long plan d’eau, et à son extrémité Ouest se dresse un escarpement rocheux, au pied du quel s'étend une bourgade, Pi-Hahirot.
Moïse décide de placer les combattants hébreux à l'extrémité Est de la partie resserrée du cordon littoral. De la sorte, en cas d’attaque l’armée du Pharaon sera desservie par un champ de manœuvre réduit. Et la population établira son campement à l’Ouest de la ligne de défense, bien au-delà de la bande de terre étroite, où le territoire est très vaste.
Ainsi, d’avoir anticipé la décision de Méneptah de faire revenir la population qu’il a laissé partir a permis à Moïse de transférer son peuple sur un site sécurisé, et d'en organiser la défense.

Nota bene : On peut admettre qu’au temps où Moïse affrontait le pharaon Méneptah, "la mer des roseaux", alias "lac Manzaleh" étaient séparés par un cordon littoral de vase et de sable, comme aujourd’hui. Mais la bande de terre n'avait certes la configuration actuelle, sachant durant une période de 3200 années les contours du lac se transforment continuellement, des îles émergent tandis que d'autres disparaissent.
E3 Fort d'une armée bien équipée, et aguerrie, le Pharaon poursuit le peuple de Moïse.
« Exode 14, 6-9 :Le Pharaon attela son char et prit son peuple avec lui. Il prit 600 chars d'élite ainsi que tous les chars d'Egypte, chacun avec ses combattants.(…) Les Egyptiens les poursuivirent et les rattrapèrent alors qu’ils campaient près de la mer vers Pi-Hahirot vis à vis de Baal-Séphôn.
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Informé de ce que le peuple hébreux séjourne sur le territoire entre la mer des joncs et la Méditerranée, le Pharaon y conduit son armée : celle-ci contourne le grand lac à l’Est, jusqu’à la forteresse de Migdol, puis accède au cordon littoral, cependant que vers son milieu la bande de terre devient très étroite. En ce lieu où se sont établies les lignes de défense des combattants hébreux.
C’est donc là que le combat va se dérouler.
Nota bene : le récit de l’Exode expose que se préparaient à la bataille combattants hébreux et égyptiens, mais que l’affrontement direct n'aura pas lieu parce que l’armée du Pharaon fut totalement anéantie par une succession d'événements. Or le présent développement considère ceux-ci impérativement d'ordre géophysique. Il s'agit alors d'essayer de reconstituer l'enchaînement des phénomènes naturels, en approfondissant le texte biblique quand il expose le déroulé de la victoire obtenue sans combat.
Comme indiqué dans l’article précédent évoquant l’épisode des "dix plaies d'Egypte", les calamités qui se sont abattues sur le pays furent certainement déclenchées par un volcan sous-marin situé en mer méditerranée, au large des côtes égyptiennes, et qui entrait en éruption de manière sporadique. C'est un regain de l'activité de ce même volcan qui serait cause de la débâcle des cavaliers et chars égyptiens.
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.E4 ) Une accumulation de cendres volcaniques sépare les adversaires et diffère le combat..
Exode 14, 19-20 / L’ange de Dieu qui marchait devant le camp d’Israël se déplaça et marcha derrière eux ; et la colonne de nuée se déplaça de devant eux et vint derrière eux. Elle vint entre le camp des Egyptiens et Israël – et cette nuée était ténèbres et éclairait la nuit – en sorte que l’on ne s’approcha pas l’un de l’autre de toute la nuit.
Alors que combattants hébreux et égyptiens disposaient leurs troupes pour engager la bataille, à nouveau le volcan entre en éruption et provoque en particulier une chute massive de cendres volcaniques sur le cordon littoral, précisément entre les adversaires, ce qui rend impossible l’affrontement dans l'immédiat.
Nota bene : Brusquement la configuration change ; la nuée qui se voyait formant une immense colonne dans le ciel se délite et disparaît, tandis que s’élèvent au niveau du sol d'épaisses fumerolles, lesquelles séparent combattants hébreux et égyptiens. De tels faits sont possible si à des kilomètres de là le volcan sous-marin, précédemment évoqué, explose, n'alimentant donc plus la colonne de nuée, tandis que son puissant souffle projette des éjectas incandescents dans l’atmosphère, un énorme paquet chutant entre les adversaires.
L’explosion d’un volcan sous-marin est généralement du à la vaporisation brutale d’eau de mer entrant en contact avec une remontée massive de magma.
A titre indicatif, entré en éruption le 20 décembre 2021 à proximité des îles Tonga le volcan sous-marin Hunga-Tonga a subi une première explosion 14 janvier 2022, à environ 200 mètres de profondeur. Un volumineux panache de gaz et de cendres se développa jusqu’à 20 km d’altitude.
F ) Une bataille où la nature impose le rythme.
Dans le deux camps qui se font face, chacun se prépare à un affrontement violent. Mais les événements en décident autrement..
F1 ) Un vent d’Est souffle avec violence toute la nuit.
« Exode 14, 21 / Moïse étendit la main sur la mer, et Yahvé fit refouler la mer par un fort vent d’Est durant toute la nuit ; il fit de la mer une terre ferme et les eaux se fendirent. »
Par crainte de l'attaque prochaine de l'armée du Pharaon, cette nuit-là régnait l’anxiété chez les combattants hébreux. Cependant, le jour ne s'est pas encore levé quand leurs guetteurs constatent que les eaux du lac commencent à inonder le cordon littoral en sa partie resserrée, dont ils occupent l’extrémité Est.
Moïse est immédiatement averti du phénomène, et en attribue la cause au fort vent d’Est, qui a soufflé toute la nuit, refoulant les eaux du lac, et faisant déborder les exutoires qui traversent la bande de terre étroite. Et pour avoir inspecté le site avant d'y positionner ses troupes, il comprend que la configuration du terrain a favorisé l’inondation :
Mais alors pour Moïse la situation devient critique : à l’Est de la position de ses troupes, l'armée égyptienne se prépare à charger, tandis que la direction Ouest est fermée par une multitude de chenaux, profonds pour certains, ce qui prive ses combattants d'une possibilité de repli au cas où les forces ennemies leur sont supérieures.
Nota bene : Le vent qui sévit sur le delta du Nil est certainement une conséquence de l’explosion du volcan sous-marin et de l'expulsion dans l’atmosphère d’une énorme quantité de matériau, de volume se mesurant en km3, et qui crée un aspiration au niveau du sol..
Dans l'expression « Yahvé fit refouler la mer par un fort vent d’Est » il s’agit nécessairement de la mer des joncs, immense lac au sud du cordon littoral.
D’où l’interprétation affirmant que le vent d'est a fait déborder le lac par dessus le cordon littoral, où se positionnait la ligne de défense de Moïse.

F2 ) Un tsunami dégage un large passage le long du rivage.
Mais les guetteurs signalent aussi que le niveau de la mer Méditerranée a considérablement baissé. Moïse se rend précipitamment jusqu’au rivage, et constate effectivement le retrait du flot marin, lequel découvre les contreforts du cordon littoral, et dégage à leur pied une bande côtière qui s'élargit lentement.
Pour Moïse, ce phénomène providentiel va permettre d’échapper à la situation critique où se trouvent ses combattants.
Nota bene :
L’expression : « Il fit de la mer une terre ferme » désigne non pas la mer des joncs mais nécessairement la mer Méditerranée.
De fait, si un vent agissant à la surface d’un lac est à même de mettre en mouvement horizontal les masses liquides d’un grand lac, il n'est pas concevable qu’il puisse assécher son fond vaseux, au point de le transformer en 'terre ferme'.
En revanche, le phénomène de retrait des eaux marines le long des côtes est connu pour être une conséquence d’un tsunami.
Un tsunami est un phénomène complexe par lequel une onde se propage dans la mer, suite à un séisme, un glissement de terrain dans l'océan ou encore une explosion-effondrement de volcan sous-marin de faible profondeur, L’onde progresse en creusant à l'avant la surface de la mer, tandis qu'apparaît à l'arrière un gonflement des eaux. En atteignant le rivage la proue de la perturbation est à même de provoquer un recul important de la mer le long des côtes.
D’où l’interprétation de l'expression: « Il fit de la mer une terre ferme » : au moment où Moïse constate que sa ligne de défense subit une inondation, le volcan sous-marin au large d'Egypte explose. S'ensuit un tsunami providentiel qui met à sec une large bande le long du cordon littoral
A titre indicatif, un tsunami se produisit le 15 janvier 2022, suite à l’effondrement de la caldeira du volcan sous-marin Hunga-Tonga, sur une hauteur de 700 m, et par analogie, De nombreuses bandes côtières des environs, habituellement recouvertes par la mer, se découvrirent pendant plusieurs heures,

F3 ) Passage entre deux murailles d’eau.
« Exode 14, 22 / Les fils d’Israël pénétrèrent au milieu de la mer à pied sec, les eaux leur formant une muraille à leur droite et à leur gauche. »
Rapidement, les combattants hébreux, munis de leurs armes quittent leurs positions en haut du cordon littoral et dévalent le dénivelé de plusieurs mètres pour atteindre le fond marin à sec ; puis ils se lancent dans une course rapide le long du rivage. Certes, par endroit la progression est ralentie par la traversée de torrents, à fort courant mais peu profonds, provenant du lac qui déverse son trop-plein.
Ainsi les ‘fils d’Israël' sont-ils encadrés par deux murailles d’eau :
Après une course effrénée, les combattants hébreux ont dépassé la portion du cordon littoral et du rivage striée par les torrents provenant du lac. Ils sont alors à proximité de Pi-Hahirot, et comme en ce lieu la bande côtière est resserrée, ils décident d'établir là leur position de défense. Ainsi, naturellement protégés au Nord par la mer et au Sud par le cordon littoral impossible à gravir à cause des cascades, ils pourront résister à l'assaut de l'ennemi : archers placés en première ligne, lanciers en appui.
La mise en place du dispositif se fait sous les cris d’encouragement de nombreux jeunes venus du campement hébreux, et qui se massent sur les monticules du cordon littoral. Moïse les rejoint et accompagné de son état-major, grimpe sur l’escarpement rocheux qui domine Pi-Hahirot, pour être vu de ses soldats lors de la bataille qui va s’engager incessamment.
Nota bene : Les versets de l’Exode désignent habituellement le peuple que Moïse fait sortir d’Egypte par le vocable « Israélites » (exemple Exode 12, 37 / 14, 1) . Le verset évoquant la course entre deux murailles d’eau, emploie l’expression « les fils d’Israël ».
Cette particularité indiquerait que se sont engagés dans le passage de la mer des joncs uniquement des hommes en âge de combattre, et non pas comme suggéré dans certaines publications la totalité du peuple de Moïse.

F4 ) Le Pharaon lance ses troupes à l'attaque
« Exode 14, 23 / Les Egyptiens les poursuivirent et pénétrèrent derrière eux, tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses cavaliers au milieu de la mer.»
Aux premières lueurs du jour, les troupes égyptiennes se préparent pour le combat. Mais, à leur grande surprise, ils constatent que leurs adversaires sont en train d’abandonner le terrain, et dévalent les pentes du cordon littoral pour partir vers l’Ouest, en courant le long de la bande côtière à sec.
Le Pharaon donne alors l’ordre à ses hommes de rattraper les fuyards, sachant qu’ils auront l'avantage du terrain, puisque pouvant cavaler à grande vitesse sur le fond marin à sec.
En toute hâte les combattants égyptiens descendent sur le rivage, et faisant mouvement sur la bande côtière, s’engagent sur la zone où celle-ci est traversée par des torrents s’écoulant du cordon littoral, jusqu'à une distance suffisante pour être hors de portée des flèches des archers hébreux. Après regroupement ils se disposent en ordre de bataille, cavaliers à l’avant et chars en appui ; ils distinguent alors au loin leurs adversaires qui les attendent ancrés sur leur position au pied de Pi-Hahirot.
Du haut de l’escarpement rocheux , Moïse observe le déploiement de l’armée du Pharaon, et craint pour ses hommes dont la plupart n’ont jamais combattu. Certes, ils sont courageux, mais pourront-ils résister à l'assaut de militaires aguerris, et doté d'une force de frappe aussi puissante ?
F5) La cavalcade déstabilise les talus du cordon littoral.
« Exode 14, 24-25 / Or, à la veille du matin, Yahvé, de la colonne de feu et de nuée regarda le camp des Egyptiens et mit en déroute le camp des Egyptiens. Il enraya les roues de leurs chars, qu’on ne faisait plus avancer qu’à grand peine. Les Egyptiens disent ; ‘Fuyons de devant Israël, car Yahvé combat pour eux contre l’Egypte’ ».
La charge est lancée. Le Pharaon, juché sur son char, y participe, bien que restant en retrait. Il est certain de la victoire. Cavaliers et Chars égyptiens déferlent en masse sur la bande côtière à sec vers la ligne de défense des combattants hébreux.
Mais la cavalcade fait trembler le sol en produisant un grondement assourdissant, et soudain une puissante détonation se fait entendre. Brusquement s’effondre le lit d’un large chenal par où se déversait à flots l'eau du lac,
Une colossale coulée de boue jaillit des hauteurs, et dévale la pente, puis se répand sur le fond marin en direction de la mer. Et le phénomène de se produire à nouveau un peu plus loin et plusieurs fois encore.
Pour les assaillants égyptiens la surprise est totale ; certains sont emportés par les larges coulées qui affluent. Ceux qui essaient de traverser les flots impétueux chargés de vase et de sable sont enlisés.
L’armée du Pharaon est paralysée, morcelée, et prisonnière d’épais talus de boue parallèles et infranchissables, même pour les cavaliers.
Nota bene : Le cordon littoral s'est formé au cours de millénaires du fait du charriage massif d’alluvions par le Nil dans la mer des joncs (lac Manzaleh), et de leur reflux sous l’action de la mer Méditerranée ; il se constitue donc essentiellement de vase et de sable agglomérés.
Dès lors, de nombreux chevaux lancés au grand galop et qui martèlent violemment de leurs sabots le terrain le long du rivage produisent des vibrations. Celles-ci se superposent et se propagent aux alentours, faisant trembler le sol sur une vaste zone, jusqu'à ébranler le sous-bassement du cordon littoral tout proche, lequel se fissure. Or, ça et là des torrents dévalent les pentes abruptes des hautes buttes de vase et de sable, et l'eau s'engouffre dans les entailles qui se forment dans le sol et le désagrège, arrachant des blocs de terre qui se diluent en boue épaisse.
Les combattants égyptiens sont perplexes. Comment sortir d'une situation aussi catastrophique ? La voie est coupée à l'Est et à l’Ouest. Au Sud s’élèvent les buttes du cordon littoral, mais l’écoulement des eaux de débordement du lac les rendent impossible à gravir.
En revanche, les coulées de boue s'étalent au fur et à mesure de leur descente vers la mer et diminuent en épaisseur. Il suffirait donc de se diriger vers le Nord pour pouvoir les traverser. Le Pharaon approuve la manœuvre et donne l'ordre à ses troupes de chevaucher en direction de la mer, jusqu’à ce qu'il soit possible de contourner les amas de vase et de sable, puis de prendre la direction Est pour rejoindre leur campement où ils pourront se réorganiser.
F6 ) Les eaux reviennent et recouvrent chars et cavaliers de l’armée de Pharaon.
« Exode 14, 26-29 / Yahvé dit à Moïse :’ Etends ta main sur la mer, et que les eaux reviennent sur les Egyptiens, sur leurs chars et sur leurs cavaliers‘. Moise étendit la main sur la mer et au tournant du matin, la mer revint à son niveau, tandis que dans leur fuite les Egyptiens marchaient à sa rencontre. Yahvé culbuta les Egyptiens au milieu de la mer. Les eaux revinrent et recouvrirent les chars et les cavaliers de toute l’armée de Pharaon qui avaient pénétré dans la mer derrière les fils d’Israël : Il n’en resta pas un seul. Quant aux fils d’Israël, ils avaient marché au milieu de la mer, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche. »
Montés sur leurs chars ou leurs chevaux les combattants égyptiens se précipitent en direction du Nord, en longeant les coulées de boue, jusqu'à ce qu’il soit possible de les contourner.
Mais la gigantesque vague déclenchée par le tsunami continue sa progression, et elle est maintenant suffisamment proche des côtes pour en être visible, à travers la brume.
Moïse positionné sur l’escarpement rocheux qui surplombe le rivage est un des premiers à percevoir à l’horizon la ligne blanche qui s’avance inexorablement. Il en comprend la signification : un raz de marée va déferler. Il donne l’ordre aux jeunes massés sur les monticules dominant la bande côtière de reculer le plus loin possible, et aux combattant hébreux de grimper rapidement sur le cordon littoral, et de s’éloigner. Il faut se mettre hors de danger pendant qu'il est encore temps.
Pour le Pharaon et son armée, il est trop tard. Tous observent, médusés, le mur d’eau sur le point de les engloutir ; hommes, chevaux et chars disparaissent dans les flots.
Poursuivant son avancée, la haute vague atteint les buttes du cordon littoral, et les flots s'y fracassent dans un bruit assourdissant, tandis que des nappes d'eau se répandent sur le terrain.
Nota bene : la mer revint à son niveau, tandis que dans leur fuite les Egyptiens marchaient à sa rencontre. Le verset indique que les Egyptiens allaient à la rencontre de la mer alors qu’ils fuyaient. La manœuvre est a priori surprenante, mais se comprend tout à fait s'il s'agissait pour eux d'échapper à l’emprisonnement entre les coulées de boue, sans se douter qu'une vague gigantesque progressait dans leur direction..
F7 ) Une victoire obtenue sans combat.
« Exode 15, 3-5 / Yahvé est un vaillant guerrier, son nom est Yahvé. Les chars du pharaon et son armée, il les a précipités dans la mer ; l’élite de ses écuyers s'est enfoncée dans la mer des joncs.»
Moïse s’assure qu'aucune perte parmi les siens n'est à déplorer, puis, suivi par une foule enthousiaste, il s'avance jusqu’au rivage où la mer a retrouvé son niveau normal et levant les bras au ciel rend grâce au nom de son peuple qui vient d'être délivré.
Nota bene : Le présent développement est un essai qui propose une version de l’épisode "Passage de la mer des joncs" par laquelle Moïse parvient à sauver son peuple d’un désastre grâce une succession de phénomènes naturels, à savoir volcan sous-marin en éruption, et qui à terme explose, vent violent qui engendre une inondation, tsunami qui déclenche un retrait de la mer suivi du déferlement d’une vague gigantesque, coulées de boue.
Que les événements évoqués soit réalistes est une condition nécessaire à l’historicité de l’épisode, mais pas suffisante.
TROISIEME PARTIE
INDICES SUSCEPTIBLES D’AUTHENTIFIER
LA SORTIE D’EGYPTE SOUS LA CONDUITE DE MOÏSE
L’histoire de l’Egypte ancienne se reconstitue à l’aide d’écrits sur papyrus ou gravés dans la pierre, et force est de constater la non évocation de la présence d’hébreux en grand nombre au « pays de Gochen » , ou d’événements que relate le texte de l’Exode dans les épisodes « dix plaies d’Egypte» et « passage de la mer des joncs »,.
Toutefois, les égyptologues s’accordent à dire que les pharaons exigeaient de leurs scribes de ne mémoriser dans leurs transcriptions que les faits valorisant leur propre règne ; partant se comprend l’absence de leurs archives d’indications concernant le maintien en esclavage d’une population, et la période mouvementée grâce à quoi celle-ci s’est libérée et qui fut tragique pour le pharaon Méneptah.
Par ailleurs, en partie 1 et 2 de ce développement, fut montré que les événements qui, selon le récit biblique, ont jalonné la sortie d’Egypte du peuple hébreux sont vraisemblablement des phénomènes naturels, se produisant à toute époque, quand ls circonstances s'y prêtent : pluie de cendres, prolifération de moustiques...etc,
De plus, comme précédemment montré, le texte de l'Exode peut être interprété en attribuant à Moïse et son frère Aaron des comportements tout à fait rationnels, consistant à profiter des perturbations géophysiques de l’époque pour mystifier Méneptah, en lui faisant croire à des pouvoirs surhumains, comme celui de transmuter en sang l’eau du Nil, en la frappant avec un bâton en présence du pharaon.
Dès lors peut être admis par les historiens que le récit biblique sur la sortie d’Egypte sous la conduite de Moïse expose des faits réellement vécus.
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Cependant, bien que les épisodes « dix plaies » et « passage de la mer des joncs » se seraient déroulés il y a plus de 3200 ans, il doit être possible de retrouver aujourd’hui certaines traces directes ou indirectes des perturbations géophysiques qui auront jalonné l’affrontement entre Moïse et le pharaon Méneptah.
Effectivement, à partir de la proposition de chercheurs suggérant que le déroulement des dix plaies d’Egypte serait en rapport avec une éruption volcanique, l’investigation menée dans ce développement stipule qu’il s’agit d’un volcan sous-marin, situé au large du delta du Nil. Or, à interpréter le récit biblique, celui-ci aura été cinq fois facteur direct de coïncidences providentielles,
Certes, s’agissant des événements évoqués dans les cas 1, 2, 3 et 4, aucun indice d’une réalisation effective ne saurait être apporté. En revanche, dans le cas 5 le phénomène qui se serait produit en Méditerranée, au large des côtes égyptiennes, a forcément laissé des traces.
Il serait donc possible :
L'investigation doit donc se poursuivre et le lecteur est invité à consulter le site
Vestiges d'un volcan sous-marin au large du delta du Nil
qui la mène, en proposant en particulier une exploration virtuelle du fond marin au large du delta du Nil, afin de mettre en évidence la présence d'une vaste cavité, laquelle aurait été creusée par l'explosion du "volcan des dix plaies".
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